Avant de poster une fiction !

Postez-ici vos fictions inspirées de My Little Pony: Friendship is Magic.

Message 20 août 2012, 18:22

S
Bonjour à tous,
Pour éviter tout d'abord que vous écriviez des "fic" qui seront jugées de qualité médiocre, voici quelques conseils aux écrivains en herbe, une liste non-exhaustive, qui pourra ensuite être complétée par d'autres auteurs de Fanfictions expérimentés, sans doute plus aguerris que moi sur la question.
Partons donc du problème principal : un écrivain en herbe se lance généralement car il pense avoir une bonne idée, originale et intéressante, ce qui est souvent vrai. Mais ça ne suffit pas.

Point n°1: Commencer une fiction~

On commence par le début : Savez-vous écrire ? Avez-vous de l'expérience ? Avez-vous déjà écrit une fiction, et l'avez montrée à un public exigeant, qui a su mettre vos défauts en avant, et vous a permis d'améliorer votre façon d'écrire ?
Je vais paraître un peu extrême, mais si la réponse est non, mieux vaut ne pas vous engager tout de suite dans une véritable Fanfiction.
Préférez plutôt les One-Shots (histoire écrite en un chapitre, ou nouvelle si vous préférez, relativement courte), ayant assez peu de grands rebondissements, et dont la longueur sera détaillée plus bas.
L'avantage des One-Shots, c'est que vous ne mettez pas de "suspens" en fin de chapitre, cependant vous êtes forcés d'en faire une histoire complète. Cela vous permet alors de travailler vos scénarios et vos introductions, tandis que la plupart des fanfics ont des premiers chapitres manquant sérieusement d'intérêt.

Donc, premier conseil : si vous écrivez pour la première fois (ou la deuxième, ou la troisième, jusqu'à ce que vous sachiez véritablement écrire), ne vous lancez pas dans un truc énorme, comme une histoire à 20 chapitres par exemple.
Restez "soft", mais faites en sorte de publier l'histoire entière d'un seul coup si vous le pouvez.
L'objectif est d'être critiqué par d'autres auteurs plus expérimentés que vous et qui savent de quoi ils parlent, vous permettant ainsi de vous améliorer.
Vous avez peut-être une bonne idée d'histoire, mais si vous ne savez pas la mettre en scène, ça reste du gâchis.


Point n°2: Le scénario~

Travaillez-le, aimez-le, faites lui prendre forme à l'aide de rebondissements surprenants, une construction en béton armé, plusieurs personnages que vous suivez à tour de rôle, peut-être.
Que ce soit l'histoire globale dont vous devez avoir le début, la fin et une vague idée des péripéties ou de chaque chapitre: vous devez travailler ce que vous allez écrire.
Non pas juste une idée du genre : bon là, machin va à la bibliothèque pour prendre un livre. On verra bien si le bibliothécaire lui donnera une quête, ou s'il recevra une lettre, ou si le bouquin aura une carte au trésor à l'intérieur. J'exagère, mais à peine.
Je suis d'ailleurs le premier à parler de "l'inertie romanesque", le but de tout écrivain consiste en le fait qu'à partir d'un moment, vos personnage finiront par vous échapper pour vivre leur propre vie, en quelque sorte.
Mais pour que ça arrive, il faut déjà avoir un tracé de départ (pour dévier d'une route, il faut avoir une route).

Donc, deuxième conseil : travaillez bien votre scénario, passez du temps à peaufiner ce qui va se passer à chaque chapitre. Attention, je vous demande pas forcément de faire un truc complexe. Je vous demande pas de pondre un monstre géopolitique, mais de ne pas partir avec juste une vague idée en tête, même si elle est bonne. Sinon, c'est là encore du gâchis.


Point n°3: La longueur~

Voilà ce qui permet d'avoir une première appréciation sur un travail d'écrivain.Il y a d'abord deux types de longueur : celle de la fic, et celle d'un chapitre.
Pour les deux, j'ai tendance à penser que plus c'est long, plus on risque d'avoir de la qualité (un risque qu'il vaut mieux prendre, vous en conviendrez). Pourquoi ? On en revient au point du dessus : si c'est plus travaillez, la quantité d'éléments qui apparaissent viendront s'ajouter à l'idée de base, qui va donc grossir.
Pour la longueur de la fic, essayez (je dis bien "essayez") d'avoir une idée du nombre de chapitre que vous allez développer.
Ça vous permettra de vous situer dans la fiction, vous fixera le début et la fin, et vous aurez une première approximation de ce qui se passera dans chaque chapitre. Je ne vous oblige pas à faire trente chapitres.
En moins d'une dizaine, on peut faire quelque chose de potable, pas forcément très complexe, mais si vous débutez, il vaut mieux rester humble.

Pour les chapitres: Je ne souhaite pas voir un chapitre d'un seul paragraphe !
Sérieusement c'est lourd, inintéressant, cela ne développe absolument pas le scénario, et partira à la poubelle aussi rapidement que ça vous a traversé l'esprit.
Lorsque vous écrivez votre chapitre (sur un traitement de texte, on y reviendra tout à l'heure), faites en sorte qu'il fasse AU MOINS deux/trois milles mots.
Certains disent que ce n'est pas la longueur qui compte, moi, je pense que plus on s'astreint à une certaine longueur, plus on est obligé de développer l'histoire de son chapitre et plus on le rend meilleur, en développant les impressions des personnages, les descriptions, en ajoutant des touches de ci, de ça, bref, on s'oblige à pondre un truc mieux que si on s'était dit "bon, j'ai plus d'idées, on post et on continue plus tard" (encore un point sur lequel je vais revenir).
Ne comptez pas en nombre de pages, si vous décidez de chiffrer votre travail ! Les pages ne représentent rien, on peut très bien avoir des pavés qui noirciront totalement la page, ou des dialogues, pour peu que vous les fassiez "réalistes", courts, ponctués de "ouais" et de "hum", qui augmenterons artificiellement ce nombre de page.
Sans parler de ceux qui passent à la ligne à chaque phrase.

Donc en conclusion : donnez-vous un minimum au niveau de la quantité. ça ne fait pas tout, mais ça vous oblige à disserter un peu plus sur certaine situation, ce qui les rends plus claires, à expliciter les sentiments des personnages, ect...
La qualité n'est pas à négliger non plus, mais si vous n'avez pas la qualité, alors à quoi cela sert-il de passer son temps à écrire une mauvaise fanfic ?
Là, je modère mon propos en précisant bien que je parle de véritable fanfics. Je ne veux pas vous décourager d'écrire, mais comme dit plus haut, pour vos coups d'essais, restez sur des One-shots. Au moins, si vous écrivez une histoire pas terrible, cela ne durera pas trop longtemps, et nous permettra de vous critiquer en règle pour vous améliorer.

Point n°4: La mise en page~

Certes, chacun a sa propre façon de mettre en page, mais n'essayez pas d'être original ! Prenez un livre d'un auteur que vous aimez bien, et tentez de recopier sa mise en page (attention, la mise en page sur le forum differt de celle de Wordpad ou GoogleDocs. Adaptez donc en conséquence).
Évitez les couleurs, l'italique sur tout le texte, le gras lorsque quelqu'un crie, les dialogues de type théâtral (il y a tellement de façons pour savoir qui parle à quel moment, pourquoi donc mettre le nom de celui qui parle devant ?) surtout si c'est pour mettre des "???" à la RPG japonais lorsqu'un inconnu parle.
Comme c'est pas le plus choquant, j'en reste là.


Point n°5: Taper son texte, lecture et relecture~

Ne JAMAIS écrire son texte directement sur le forum ! Écrivez votre œuvre sur un traitement de texte "Microsoft Word" par exemple.
Primo, vous aurez une meilleur idée de la taille qu'il fait, vous aurez une première correction grâce à cette chose magnifique qu'on appelle, dans un éclair de génie, un correcteur.
Encore une fois, attention au niveau de la mise en page. Si vous avez fait quelque chose que le forum ne supporte pas, n'hésitez pas à copier ça sur un Google Doc (et pensez à mettre le texte en publique, histoire d'éviter les 80 messages "j'arrive pas à lire").

RELISEZ VOTRE TEXTE ! Vous connaissez cette mauvaise blague des profs de français ? "Quel est le secret de la littérature => Lis tes ratures." (ohohoh). Et pourtant tellement vrai. Lorsque vous avez fini d'écrire votre chapitre, laissez passez une demi-journée, et relisez à tête reposée.
D'une, les fautes vous sauterons aux yeux tels un Kaernk sur un gigot et de deux vous vous apercevrez des fautes de style, d'incohérences avec la suite que vous avez écrite, ou de passages que vous trouveriez ratés, et que vous auriez envie de réécrire.
Ensuite, je vous conseille, même si je ne le fait pas personnellement, de faire relire votre texte par quelqu'un d'autre et si possible qui soit assez bon en français.

Et enfin, dernier et plus important des points pour moi : PRENEZ VOTRE TEMPS !
N'essayez pas d'écrire dans un timing fixé, ça ne mène à rien de bon (je parle d'expérience), n'essayez pas de publier au plus vite (et en négligeant la relecture, le travail du scénario, la longueur, soit presque tout les points ci-dessus). On ne vous tuera pas si votre fic met trois plombes à sortir.

Par contre, si vous faites des trous de deux mois pensez à faire des récapitulatifs, ça peut servir, pour vous comme au lecteur.

Conclusion~

Voilà, je n'ai plus rien qui ne me viens à l'esprit, à présent que j'ai fait peur à 90% des écrivains potentiels :noel:
Je répète que je ne souhaite pas vous décourager: entraînez-vous, n'hésitez pas à montrer vos œuvres pour des lectures-tests, faites des essais en One-shots.
C'est comme pour le dessin, il faut travailler les proportions, la dynamique, les positions, ect... A moins de vouloir faire une parodie absurde. Mais là encore, au niveau de l'écriture, il faut rester lisible.

J'ai un dernier petit mot, aux lecteurs cette fois : Arrêtez d'encourager de façon automatique ce qui saute aux yeux comme étant affligeant.
Dire "ouais, trop bien, j'attends la suite" n'aide pas l'auteur à s'améliorer (je l'ai fait pendant un moment, certes, mais je me suis repenti).
Je ne vous demande pas de taillader systématiquement les fics (il y en a qui se sont spécialisés pour le faire), juste d'argumenter un peu votre propos, dire en quoi vous avez aimé, ce qui pourrait s'améliorer, pointer les défauts du doigt (ça fait certes mal à l'ego, mais on ne progresse qu'en corrigeant ses erreurs).
Et ar-gu-men-tez, nom de Zeus ! ça vous apprendra EN PLUS à reconnaître une bonne fic d'une mauvaise.


En vous souhaitant une bonne journée,
Sakiru.

PS: Lorsque vous vous serez décidé à écrire une fiction, n'oubliez pas de mettre les tags correspondant => Ici
PS2 : Quant à ceux qui auraient TL;DR : écrivez des fics de qualité.

Post original d'IPM, adapté-corrigé par Sakiru

Message 06 janv. 2014, 16:15

Rainbow Knight
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Ami de la plume et du beau verbe, bonsoir.

Je me présente, Rainbow Knight, pour vous servir. Je suis loin d'être le meilleur écrivain Equstrian, mais comme j'ai pas mal rouler ma bosse dans le monde de l'écriture ces dernières années et que j'ai pu lire au cours de mes pérégrinations littéraires de nombreux textes pas très bon, pour ne pas dire nazes, je me dis qu'un petit guide serait bien venu.

Car ne vous méprenez pas, quand on commence on fait tous des trucs pas terribles. Moi le premier. Et c'est grâce à la persévérance, aux critiques des autres et à deux-trois petits conseils que j'ai pu progresser et devenir un gars pas trop mauvais en matière d'écriture. Et je m'en vais partager avec vous ces petites choses qui m'ont aidé à devenir un fan-fiqueur des plus correct.
(A noter que ce ne sont que des conseils, vous êtes pas obligé de les suivre)


°~ Les poneys ~°


Avant d'attaquer avec l'écriture pure et dure, un petit détour sur les particularités de notre fandom : on écrit à propos de poneys. Cela peu paraître évident, mais de part le comportement anthropomorphique de nos chers équidés, on a parfois tendance à assez vite les faire se comporter comme des humains.

Un poney est végétarien, et ne mangera donc pas de viande, sauf si vous avez une explication en béton armé. Un poney a des sabots, donc beaucoup d'ustensiles sont durs à utiliser (sauf si c'est une licorne). Et plutôt qu'une contrainte, essayer d'y voir un moyen d'être créatif ; adapter les objets pour faire en sorte que les poneys les utilisent, ça donne souvent du caractère et de la cohérence à votre texte.

Pour les shipping et tout ce qui touchent aux personnages et à l'univers du show, au risque de vous faire huer et traîner dans la boue, il faut essayer de rester dans le canon du personnage et de l'univers, et à la limite le tourner de façon logique d'une autre façon si votre texte le justifie.
On ne commence pas un texte sur une Fluttershy tueuse en série sans expliquer un minimum pourquoi, ou sans laisser d'indice sur le pourquoi, sauf si vous maîtrisez bien le genre. Mieux vaut d'abord expliquer qu'Angel est mort accidentellement à cause d'un autre poney, et que folle de chagrin, Flutty décide de tuer ceux qui font du mal aux animaux.
(Si quelqu'un écrit une fic sur ce scénario, je lui offre trois paquets de Pépito)

Après, l'univers est assez riche pour pouvoir en faire tout ce que vous voulez, et les limites sont très restreintes.


°~ L'orthographe ~°


Parce qu'il faut bien en parler. Je ne vous ferais pas un cours là-dessus, moi-même je fais souvent des fautes. Au contraire, je préfère dire que l'orthographe n'est pas la chose la plus importante dans un texte, mais ce qu'il raconte. Mais d'un autre côté, voir des fautes tout les deux mots nuit énormément au plaisir de lire. Donc il faut faire la part des choses, d'un côté pour les lecteurs qui peuvent tolérer quelques fautes, et de l'autre à l'auteur de faire des efforts.

Après, on peut utiliser des logiciels pour traquer les fautes, c'est déjà un bon petit quelque chose. Ensuite, un correcteur, en chair et en os, est toujours un plus. D'ailleurs, j'en profite pour remercier grandement Theo, mon correcteur, pour le boulot qu'il fait sur mes textes.

Donc ne vous tracasser pas pour l'orthographe, ça n'a pas besoin d'être parfait ; mais faites des efforts quand même.


°~ La construction ~°


On passe aux choses sérieuses ! Comment on construit un texte. Classiquement, un texte doit se construire de la façon qui suit :

Situation initiale -> élément perturbateur -> péripétie -> dénouement -> situation finale

D'ailleurs, notre chère série n'est pas étrangère à ce type de construction.

Twilight est l'élève de Celestia -> Nightmare Moon débarque -> Everfree Forest -> les éléments d'Harmony -> tout est bien qui finit bien

Twilight est peinarde avec ses copines -> Discord se libère -> balade dans le labyrinthe, séparation du mane 6 -> retour de l'Harmony et défaite de Discord -> tout est bien qui finit bien

Vous faut d'autres exemples ?

C'est une très vieille recette, mais si on l'utilise c'est pas pour rien. On peut faire autrement pour construire son récit, comme pour la majeure partie des épisodes d'MLP où l'on suit la vie de nos héroïnes, mais là encore on peut voir un schéma de situation normale qu'un élément vient perturber, et qui se résout avec une morale. On peut commencer un texte directement sur les péripéties, mais on a toujours besoin de savoir pourquoi un héros fait ce qu'il fait.

Après, des textes peuvent avoir des constructions différentes. C'est le cas des Slice of Life, ou des textes WTF qui ne suivent pas toujours une logique textuelles, voir les préquelles qui posent des événements expliquant ce qu'il advient par la suite. Les One-shot peuvent avoir une construction très allégée, à cause de leur format très court, mais cela reste souvent une variation de la construction de récit standard.
Il est aussi possible de se servir du début du récit pour expliquer vaguement pourquoi l'élément perturbateur va poser des problèmes, ou simplement poser l'ambiance.

En bref, y a pas de recette miracle, juste une façon de faire qui a fait ses preuves, et qu'il est bon d'adapter à sa sauce.


°~ I need a hero ! ~°


Tout les textes ont besoin d'un personnage central, qu'il soit maculin, féminin, jeune, vieux, que ce soit un gentil, un méchant, un groupe de plusieurs perso ou encore un humain paumé en Equestria (et inversement). Il n'y a pas de construction type pour un ou des héros (bien qu'il y ait des archétypes), mais les héros, voir tout les personnages de façon générale, ont tous besoin d'une chose primordiale : de la cohérence.

Un héros à toujours une histoire, un vécu, qui rend sa personnalité cohérente, qui ne le rend pas totalement instable, ou justifiant son instabilité. Même si elle n'est pas révélée dans le récit, qu'elle est volontairement dissimulée ou ses informations disséminée au fur et à mesure, il est nécessaire de se construire l'histoire du personnage pour ne pas perdre de vue sa personnalité, ce qui fait que le héros agit de tel ou tel manière, ses connaissances et ce qu'il a vécu ; chose qui peut servir durant le récit pour surprendre le lecteur par exemple.

Il en va de même pour les méchants, et éviter le sempiternel ennemi qui veut détruire le monde parce que c'est ce que tout méchant doit faire. Lui donner une histoire, un motif qui explique ses raisons permet de le rendre plus réel, plus consistant. On peut très bien ne donner aucune justification, aucune histoire, mais il est bon que l'auteur le sache, pour pouvoir ne pas céder aux clichés.

Bien sûr, avoir une histoire pour un personnage n'est pas une nécessité ; il n'y a qu'à prendre le Joker de Batman : The Dark Knight, ou pour nous Discord. Des personnages sans passé, certes, mais ils ont une chose essentielle : une personnalité structurée. C'est ce qu'apporte une histoire, et si l'on tient à ne pas en donner à son personnage, il faut au moins cela.
N'oubliez pas que pour qu'un personnage principal, quelqu'il soit, doit avoir une personnalité cohérente.


°~ Planter le décor ~°


Il faut bien que l'aventure se passe quelque part. Trouver un bon décor n'est pas toujours aisé, et le décrire encore moins. Pas de recette miracle, de façon de faire qui est préférable à une autre, cela dépend du goût de chaque lecteur et du style de l'écrivain. Que ce soit des descriptions précises et ultra longues précisant jusqu'à la moindre fissure dans le mur et irrégularité du bois de la table, ou que l'on se contente de tracer les grandes lignes, il vaut mieux faire à sa façon, du moment qu'on s'y sent à l'aise.

L'important est d'avoir un juste milieu entre des environnements simples et d'autres plus marquants et complexes. Il convient que chaque scène ait un décor qui va avec. On commence dans une petite contrée remplie de nabots paisibles au pied poilus, qui respire la tranquillité, et on finit avec plein de drama au centre d'un volcan dans les terres maléfiques. C'est très exagéré, mais l'essentiel est là. Il faut doser les environnements, et là encore il n'y a pas de recette miracle, et parfois il peut-être bon d'avoir des décors en décalage avec la situation, pour créer certains effets ; rendre plus intense une décision dramatique en la plaçant dans un cadre qui semble banal.

Cela peut sembler compliqué, et il est vrai que ça l'est. Chose difficile à doser, cela vient surtout à l'instinct, à ce que l'on juge le mieux pour l'histoire.


°~ La narration ~°


C'est l'essence-même du récit. Si on l'enlève, il ne reste que le dialogue, et là c'est du théâtre. On peut même considérer que, dans la bande-dessinée, tout ce qui se trouve hors des bulles est de la narration. C'est là que se construisent les décors, les personnages, les actes ; et là encore, il n'y a aucune recette miracle. C'est à chacun de penser sa narration, d'articuler les décors, les personnages, les actes et tout ce qui se passe dans son histoire.

Il y a deux types de narrations, à la première ou à la troisième personne.

-La première personne se place du point d'un personnage ; il est donc subjectif et offre le ressenti, le point de vue du héros en général, ou d'un autre. Il peut être au présent, et offrira donc un point de vue limitée (exclusivement ce que peut percevoir le personnage), ou au passé, et pourra donc offrir un point de vue plus "omniscient" car se passant la plupart du temps après le déroulement du récit, et pouvant donc mettre certains éléments en relief (qu'il aurait du se méfier de telle chose, que sur le moment il ne pensait pas que tel truc, etc...).

-La troisième personne est classiquement mis au passé, d'un point de vue omniscient, le narrateur étant extérieur il peut savoir tout ce qu'il veut, même des éléments que les personnages ne peuvent pas connaître. Ce type de narration peut aussi être subjectif, et prendre le parti du héros, se dérouler de son point de vue mais d'une façon plus détachée, et prenant en compte des éléments extérieur.

Après, on fait comme l'on veut pour narrer son récit, chacun s'y prend à sa façon, mais il y a des standards, et l'usage de certains type de narration est plus utile pour certains effets. Utiliser "je", soit la première personne, permet généralement un meilleur attachement au personnage que l'on suit, alors que le "il(s)", soit la troisième personne", offre une vue d'ensemble du récit.


°~ Conjuguer ses efforts ~°


J'avais dis ne pas faire de cours pour l'orthographe ? Ha ! C'était du bluff ! Car je vais vous parler de la conjugaison... mais pas n'importe comment. Une conjugaison particulière au récit... la concordance des temps. Car on écrit plus que souvent au passé, avec des dialogues au présent, des prévisions futurs faites au passé et des évocations au passé dans le passé... bref, un sacré bazar temporel, et il est bon d'user de la conjugaison pour s'en dépatouiller.

-Le présent : je pense ne pas avoir besoin de vous faire un dessin. On l'utilise pour la narration au présent, pour des actions qui se passent dans l'immédiat. "Il écrit un guide", le gars est en train de l'écrire.

-Le passé composé : C'est le passé direct, quelque chose qui vient de se passer. Comme tout les temps composé, il est constitué d'un auxiliaire (être ou avoir) et d'un participe passé, qui change pas selon le temps composé. Pour le passé composé, l'auxiliaire est au présent. "Il a écrit un guide", le gars vient tout juste de le faire.

-L'imparfait : Le temps du passé, ce sont des actes qui se sont déroulé y a déjà un moment, racontés depuis le présent. Ce sont des choses finis. "Il écrivait un guide", le gars l'a écrit, c'est fait, c'est acquis.

-Le passé simple : alors là ça se complique, car se sont des actes qui se déroule au présent par rapport au passé. Ce sont des actions directs, qui, par rapport au récit à l'imparfait, sont en train d'arriver. "Il écrivit un guide", c'est comme si le gars venant de le faire, par rapport au passé.

-Le plus-que-parfait/le passé antérieur : ce sont des temps composés avec respectivement l'imparfait et le passé simple pour conjugué l'auxiliaire. Ils expriment tout les deux des actions qui sont antérieurs au passé décrit avec l'imparfait et le passé simple ; ils marchent exactement pareil, mais dans un passé par rapport au passé. "Il avait écrit un guide, et se reposait sur son siège," par rapport au récit, il est en train de se reposer, et à déjà écrit, le tout dans le passé. "Il eut écrit un guide, et se reposa sur son siège", même topo qu'avec le plus-que-parfait, mais avec des actions qui semblent plus direct.

-Le futur antérieur : temps composé avec un auxiliaire conjugué au futur, il exprime un acte futur dans le passé ; un acte qui, dans un récit au passé, semble être futur. Cela permet de supposer que quelque chose pourrait arriver plus tard par rapport à la trame des événements passés. "Il aura écrit un guide", le gars va probablement écrire un livre, il ne l'a pas encore fait, mais dans le passé.

Il est donc bon de nuancer son récit, de ne pas forcément tout mettre à l'imparfait. Ceci dit, il faut respecter la concordance, et ne pas mettre des temps différents partout, une certains cohérence se doit de rester. Il est bon de ne pas avoir un texte qui part partout dans le temps, et se tenir à l'imparfait, avec un peu de passé simple et éventuellement, quand nécessaire, un peu des autres. Tout petit peu.


°~ Les codes ~°


Cela fait une paye que les gens écrivent, et que des genres se sont dessinés. Des œuvres emblématiques se sont posés, en créant des codes, des schémas que l'on retrouvent souvent dans les genre. Que ce soit le polar, la fantasy, la romance, il y a toujours des codes. Il est bon de connaître ses codes et de les exploiter, car ce sont des façons de faire familières des lecteurs, qui sont du coup pas dépaysés ; car si l'originalité paye, cela peut effrayer le lecteur un peu frileux qui préfère ne pas s'écarter du sentier.

Un juste dosage est de rigueur, utiliser certains codes sans tomber dans le cliché. C'est difficile, mais faisable, la plupart du temps il suffit de l'exploiter de façon intelligente, ou de le tourner en dérision, voir de mélanger des codes. Pour exemple, Shadowrun est un univers prenant les codes du cyberpunk de façon assez exagéré (monde totalement contrôler par des multinationales, technologie très avancée envahissante, etc...), en y amenant de façon soudaine la magie et les créatures fantastiques (mélange avec les codes de la fantasy), et en y apportant une explication logique et une cohabitation et complémentarité avec la technologie (exploitation des codes intelligente).

Mélanger les codes est une nécessité pour les cross-over, entre ceux de My Little Pony et de l'œuvre avec laquelle on la fait cohabiter. Si habituellement on se contente de remplacer les personnages par des poneys et adapter l'œuvres en conséquence, il convient d'essayer plutôt de faire cohabiter les deux principes, pour créer quelque chose d'unique en usant de codes que les lecteurs reconnaîtront pour pas se sentir perdu, et apprécier encore plus le mélange des genres.


°~ Pour conclure ~°


J'espère que ce petit guide vous sera utile. Rappelez-vous que tout ce qui est ci-dessus n'est pas quelque chose d'absolu, que ce n'est que ce que je retire de mon expérience dans l'écriture. Ce sont en quelque sorte des bases, et il vaut mieux parfois faire à sa façon ; mais il ne faut pas en oublier l'essentiel, les recettes qui ont toujours marcher, et qu'il vaut mieux parfois simplement adapter à son idée, et à son style.

Sur ce, à vos plumes !
"Ce serait tout de même beaucoup d’efforts juste pour la version alicorne d’une tapette à souris.”
- Rainbow Knight, 2017, dans une de ses fics.

Message 06 janv. 2014, 16:26

Griffin Claw
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Très bon résumé qui fait suite à ce qu'avait posté Sakiru ici http://www.frenchy-ponies.fr/fanfiction ... n-t45.html ainsi je laisse à la charge de Son Altesse Sakiru de soit fusionner le sujet, soit le mettre en post it soit laisser tel quel :celestiaproud:
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Message 06 janv. 2014, 17:49

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Trois précisions.

1) Le schéma
Le schéma "situation initiale -- problématique -- développement -- résolution -- situation finale" s'applique pour tout, y compris les WTF. Prenons par exemple le sauvetage de papy noël : "direction cabane -- papy s'est fait bouffer -- on convainc de distribuer les cadeaux -- on distribue -- yay tout le monde est content".
Un texte où il n'y aurait pas de problématique est un texte où il ne se passe rien. Un texte qui n'a pas de résolution est un texte incomplet.
Aussi, ce schéma ne s'applique pas seulement au texte entier. Si une saga entière a sa situation initiale, son problème, sa résolution, sa situation finale, chaque chapitre fonctionne selon le même schéma, avec ses problèmes propres, et à l'intérieur du chapitre pas mal d'événements suivent la même logique. Dans Consortium, le passage de l'infirmière dans le dernier chapitre en cours du second arc forme son propre schéma.

2) La narration
Toute histoire a un narrateur, et le narrateur est toujours un personnage qui interprète l'histoire pour le lecteur -- qui a sa manière à lui de la raconter. Le narrateur peut être omniscient (focalisation zéro) et donc utiliser "il/elle" pour désigner les personnages. Le narrateur peut aussi être un personnage de l'histoire (focalisation interne) et donc utiliser "je" pour se désigner lui. Enfin le narrateur peut être un personnage fictif (focalisation externe), observateur comme le lecteur, qui va donc utiliser "il/elle" mais avec un savoir limité.
Le savoir du narrateur peut donc être illimité, limité au savoir d'un personnage ou alors il n'a carrément accès à rien.
Perso' j'ai l'habitude de me focaliser sur un personnage et de donner son point de vue. Même si j'utilise le "il/elle", ce qui se passe se passe à travers ses yeux, et on ne perçoit que ce qu'il/elle perçoit. Je peux ensuite sauter de personnage en personnage et ainsi changer de point de vue sans peine, sans jamais dire "je".
Dans tous les cas, si le narrateur n'est pas un personnage actif, il est prié de s'effacer. Un héros qui fait "j'ouvris la porte et ma mâchoire tomba de surprise" ça va, il est actif, on ne sort pas de l'histoire. Mais un "il ouvrit la porte et je pense qu'il eut la surprise de sa vie" c'est un gars dans la salle de cinéma qui se met à parler à son voisin, il serait gentil de la boucler.

Il y aurait en fait beaucoup à dire sur le narrateur...

3) Les temps verbaux
Ici on utilise le modèle de Moeschler (1994) qui dit qu'il y a "E", "R" et "S".
Prenons "Machine ouvrit sa fenêtre. Ses amies arriveraient bientôt."
E : Il s'agit de l'événement, ici "ouvrir sa fenêtre" et "arriver"
R : Il s'agit du moment de référence pour situer l'événement. "Arriveraient" se réfère au moment où "machine ouvrit sa fenêtre".
S : Il s'agit du moment où le verbe est utilisé/prononcé/écrit/lu.
Un texte au passé signifie que tous les moments de référence R précèdent le moment de la lecture. Donc que l'histoire a eu lieu avant que vous ne la lisiez. Un texte au présent donne l'illusion que l'histoire a lieu en même temps qu'on la lit. Dans un texte au passé, le moment de référence se modifie en permanence.
"Machine nettoya sa chambre, épousseta le meuble, balaya le sol, lava les vitres, ouvrit la fenêtre."
Chaque nouvel événement déplace le moment de référence. Mais vous l'avez peut-être remarqué, "épousseter, balayer, laver" font en fait partie de l'activité "nettoyer". On suppose donc qu'elle a balayé le sol après avoir épousseté le sol, mais que tout cela est simultané au nettoyage. Seul "ouvrit sa fenêtre" est une activité différente et se produit donc après le nettoyage (et en fait y met fin).
"Machine ouvrit sa fenêtre. Tu sais, quand elle a ouvert cette fenêtre, elle ne s'attendait pas à..."
Quand le narrateur s'adresse au lecteur, il ne peut pas s'empêcher de parler au présent. En fait, il est en train de dire "tu sais, quand j'ai dit qu'elle avait ouvert la fenêtre". Le fait de le dire, lui, vient juste de se produire, d'où le passé composé. Un texte au passé aurait donné :
"Machine ouvrit sa fenêtre. Mais, quand elle avait ouvert cette fenêtre, elle ne s'était pas attendue à..."
C'est aussi le narrateur qui est en train de parler, mais c'est moins remarquable parce que d'une part il ne dit pas "je/tu" et d'autre part tout est toujours placé dans le passé, comme si ça faisait toujours partie de l'histoire. Alors que le narrateur est en train de raconter sa vie...

Il y aurait un tas d'autres remarques à faire (sur les personnages et les décors notamment) et en fait même ces précisions-ci sont très concises mais ouais, dans l'idée c'est ça.
"En écriture, il y a deux crimes : le texte inachevé et le texte sans commentaires." - Les Chroniques

Une fille de huit ans m'a dit U R RLY NICE! THX!!!!!! i ll keep doin wat i am but make more sens. =3, ton argument ne tient pas.

Message 06 janv. 2014, 18:27

Rainbow Knight
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Merci pour ces précisions Vuld, et je suis entièrement d'accord avec toi. J'aurais pu parler de tout ça, mais j'ai voulu faire simple (et pourtant j'ai le sentiment que c'est compliqué), rien que pour la narration j'ai pas voulu perdre les gens, et simplement dire à quoi ça servait d'avoir ces deux types de narration, après son utilisation est assez intuitive. Pareil pour les temps de conjugaison, c'est quelque chose qui est déjà lourd pour les jeunes à intégrer, j'ai voulu faire light et juste dire à quoi ça sert.

Ceci dit c'est un ajout très instructif. Même si j'ai déjà fait du récit WTF auquel ne s'appliquais pas le schéma général du récit. Et déjà lu un roman ou la résolution n'en est pas vraiment une, et la situation finale radicalement différente de la situation initiale pour les personnages principaux. Mais c'est extrêmement rare ce genre de choses.
"Ce serait tout de même beaucoup d’efforts juste pour la version alicorne d’une tapette à souris.”
- Rainbow Knight, 2017, dans une de ses fics.

Message 06 janv. 2014, 18:56

S
J'ai préféré fusionner le tout, ça permettra aux jeunes fanfiqueurs d'avoir plusieurs points de vue sur le sujet :)

Message 28 juil. 2014, 15:03

Pinkiloo
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J'ai lu ce qui me perturbait mais ce n'est toujours pas la réponse à ma questions.
Ma question c'est : On peut écrire notre texte et le mettre sous spoiler ou pas ?
Merci de répondre.
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Message 28 juil. 2014, 15:12

Toropicana
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Le mieux est de le mettre sous Google Doc :sisi:

Message 28 oct. 2016, 17:13

Over Bros
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Ah quand même ! Mais au moins on a des bon conseils ici :ok: ! C'est marrant moi je relis les dernières lignes que je viens d'écrire en écrivant une fic,je corrige au fur et à mesure, aussi bien incohérence que fautes d'orthographes ! Oui,dans une fic,ta toujours un personnage principal mais sa c'est la base,non ? Et ci il y a plusieurs crossovers (imaginons),on fait comment ? C'est chaud là :P !
J'illustre mes propos avec des mots,j'en ai trop fais sans rien faire du tout...mais ça en valait le détour !

Message 29 oct. 2016, 09:52

Rainbow Knight
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C'est bien de voir qu'on s'intéresse encore à l'écriture et aux conseils des vieux briscards de la fan-fic. Si ça a pu aider, j'en suis ravi !
Avoir un protagoniste bien défini est en effet la base, même si avec l'expérience, je me suis rendu compte qu'on pouvait jouer là-dessus. Le cas des récits chorals est intéressant, quand on a plusieurs personnages principaux avec chacun leur point de vue, même si c'est ardu à faire.
Pour faire un cross-over entre plusieurs univers, faut surtout s'accrocher x) J'ai tendance à penser qu'il veut mieux éviter de croiser deux univers s'il n'y a pas une idée qui permet de les faire cohabiter à la base. Et il en faut une sacrée pour réunir de multiples univers, ce qui est pas impossible ; y a des gens assez fous (ou géniaux) pour s'y risquer.
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