[One-shot][Sombre][Normal] Hosto Story

Postez-ici vos fictions inspirées de My Little Pony: Friendship is Magic.
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Message 15 mars 2016, 10:14

Untiring Quill
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Enregistré le : 25 nov. 2013, 19:16
Sexe : Fille
Localisation : Sous une montagne de trucs inachevés
Toute ressemblance avec des personnages ou des faits réels est purement fortuite.
Untiring Quill était allongée sur le lit. La chambre était spacieuse et elle avait droit à une baie vitrée révélant un minuscule carré de pelouse. Le soleil illuminait la petite commode dans laquelle elle avait entreposé ses affaires. En s’étirant paresseusement, elle se retourna et contempla le massif volume des aventures de Daring Do qu’elle avait emporté avec elle, pour tuer le temps.
Il devait bien faire cinq cent pages, et pourtant, dès le premier jour de son hospitalisation, elle l’avait entièrement fini.
La jument violette au museau bleu avait pourtant pris son temps pour le lire. Elle n’avait sauté aucun passage, ni rien, et voilà, il était là, trônant sur la commode au beau milieu d’un fatras de bandes dessinées et d’autres bouquins aussi épais que les sabots de Big Macintosh.
Avec un grognement, la terrestre aux crins d’ébène se dressa sur le lit, frappa son oreiller, soupira, le frappa à nouveau, puis enfouit sa tête dedans.
« J’en ai MARRE. Marre de chez marre de la mare aux canards ! »
Elle se trouvait à l’hôpital pour cause de dépression et de phobie scolaire. En somme, quelque chose de pas très jojo. Mais si ça n’était que ça ! Elle était aussi dans un service où elle côtoyait des poneys plus jeunes qui avaient, pour certains, tenté de mettre fin à leurs jours. Quel magnifique cadre pour reprendre une vie normale, n’est-ce pas ?
Elle finit par fermer les yeux, épuisée. Comme toutes les autres nuits, la terrestre n’avait que très peu dormi. Elle marinait dans cette chambre, n’ayant pour seule compagne que son imagination, qui essayait vainement de s’ébattre dans ce monde trop petit pour s’exprimer.


Ses camarades d’hôpital n’étaient pas des plus réjouissants. Little Flower, par exemple : c’était une minuscule pouliche de six ans qui savait à peine parler, et ne se comportait pas du tout comme une enfant normale. A table, en particulier, où elle mâchait son foin la bouche grande ouverte, en renversant la moitié de son assiette. Untiring Quill avait le malheur de se trouver sur la chaise en face d’elle… Il ne fallait pas voir plus loin que ça pour expliquer le peu d’appétit de la jument violette. De plus, elle avait un jour partagé une passionnante conversation avec la petite :
« Little Flower, ferme la bouche quand tu manges, s’il te plaît.
-T’as vu ta tête ! »
Untiring avait levé un sourcil, déconcertée par cette étrange réponse.
« Hum, ferme la bouche quand tu manges, s’il te plaît… ?
-Okai, je ferme ma gueule ! »
C’était à ce moment-là que la jument au museau bleu avait voulu pleurer.


Il y avait aussi cette jument aux crins bouclés, Dilly Dally, qui n’avait de cesse de reposer inlassablement les mêmes questions tant qu’on ne lui donnait pas la réponse qu’elle voulait. Elle n’avait pas le droit de sortir – contrairement à Untiring Quill qui avait le droit de passer quatre heures avec ses parents, dehors, le mercredi. Un jour que Quill allait bientôt recevoir ses parents, Dilly Dally se planta devant la porte de sa chambre, et resta là à se lamenter.
« C’est injuste ! Toi tu peux sortir et pas moi ! Je suis la plus gentille ! C’est moi qui dois sortir ! C’est trop cruel ! C’est inéquin ! »
Et ça en boucle, comme un vieux phonographe, pendant cinq minutes, avant qu’enfin n’arrive une infirmière. Quill avait dû faire preuve d’un incroyable sang-froid pour ne pas jeter son Intégrale des aventures de Daring Do dans la figure de Dilly Dally.


Untiring Quill n’avait pas fermé les yeux depuis trois minutes que des cris aigus retentirent dans le couloir menant aux chambres. Des bruits de sabots précipités résonnèrent dans l’hôpital. Contrairement à ce qu’un intervenant extérieur aurait pu penser, seul un seul poulain était responsable de ce boucan. Un petit poulain qui était encore pire que Little Flower et Dilly Dally réunies : Giggly Stomp.
Presque miraculeusement, la cavalcade s’arrêta, mais soudain, les sabots se mirent à frapper la porte principale avec violence. Cette porte qui ne s’ouvrait jamais, sauf pour laisser passer les repas (immondes) et les parents (cadeaux du ciel) qui venaient chercher leurs bouts de chou pour leur faire respirer l’air frais d’au-dehors. Les pensionnaires n’avaient pas le droit de sortir, et on le leur faisait comprendre, car seule une carte magnétique pouvait ouvrir la porte.
Mais ça, le poulain qui frappait la porte ne l’avait pas compris. Ou alors si, mais il faisait exprès de faire son raffut à réveiller un sourd.
« Tata, tata ! Ouvre-moi la porte ! » chantonna le petit poney.
Untiring leva les yeux au ciel, puis se crispa. « Ne me dites pas qu’il va… »
« Tata, tata ! Ouvre-moi la porte ! » psalmodia la voix de Giggly Stomp.
La jeune jument essaya de se concentrer sur le plafond blanc. Distrais-toi, distrais-toi, n’y pense pas…
« Tata, tata ! Ouvre-moi la porte ! » répéta inlassablement l’enfant.
Pendant un instant, Quill fut saisie aux tripes par une irrésistible tentation : sortir et foutre à ce sale môme une belle beigne comme on les aime. Mais si douce cette pensée fut-elle, sa réalisation lui vaudrait probablement de se prendre deux semaines de plus. Et elle n’aurait peut-être même pas le droit de quitter l’hôpital avec ses parents pour respirer l’air de l’extérieur.
« Tata, tata ! Ouvre-moi la porte ! Tata, tata ! Ouvre-moi la porte ! Tata, tata… »


C’était presque drôle, au final. On aurait dit un film d’horreur à bas budget. Le fantôme du petit poulain qui veut se venger de l’assassinat de toute sa famille hante l’hôpital où il est mort…
Untiring Quill visionna la scène : la jeune jument journaliste qui se perdait comme une cruche dans un endroit incroyablement lugubre… Les lumières éteintes, les murs couverts de sang… L’odeur de la chair putréfiée qui envahissait tout… Et soudain, la plainte lancinante de Giggly Stomp qui déchirait la nuit : « Tata, tata… ».
« On entend d’ici les spectateurs qui lui crient de ne pas ouvrir la porte », sourit la jument alitée.
Mais comme dans tout bon film d’horreur, la journaliste – que Quill surnomma Indiana Bones – n’écouterait pas les cris des spectateurs et se dirigerait vers la porte… Et Giggly Stomp verrait que cette damoiselle n’était pas sa tata, et ça partirait en gros carnage, le foie qui s’envole, le collier de tripes, les intestins, oui, tout y passerait…
« Bof », se dit Quill, « avec ça, on ne pourrait tenir que dix minutes. »
Elle se leva, et soudain tout devint noir. Elle savait exactement ce que ça signifiait, aussi elle se coucha directement sur le sol. Sa tête devint brûlante et ses yeux papillonnèrent, sa vue se brouilla et elle sentit alors son corps entier s’agiter contre sa volonté…
« Encore un vertige… »
Depuis qu’on lui avait prescrit de nouveaux antidépresseurs, ils étaient de plus en plus fréquents. Il lui suffisait parfois de s’asseoir cinq minutes pour qu’en se levant, ses jambes se mettent à trembler et que sa tête lui pèse. Elle avait l’habitude, mais ça devenait énervant.
Une fois que ses jambes cessèrent de s’agiter, la jument violette se releva lentement. Heureusement, personne n’avait vu sa petite crise. On lui prenait sa tension dès qu’elle se laissait tomber au sol… Ou dès qu’elle s’effondrait lamentablement par terre, ça dépendait du vertige.
« Tata, tata, ouvre-moi la porte ! »
La jument aux crins noirs se mordit la lèvre pour éviter de crier une grossièreté.


Aussitôt, elle se retrouva de nouveau dans cet hôpital sombre et tortueux, avec du rouge sur les murs… Peut-être des dessins d’enfants réalisés avec du sang ? Ce serait du plus bel effet pour le film d’horreur. Et de la pourriture. Plein de pourriture noire et verdâtre qui descendrait du plafond en grosses vagues et en jaunissant les murs. Il y en aurait tellement qu’on aurait envie de vomir rien qu’à la voir. La jument journaliste morte-vivante rôderait dans les couloirs, à la recherche de son foie perdu…
« Nan. Un seul fantôme psychopathe, sinon c’est trop convenu… On ne va pas non plus faire La Quête d’Indiana Bones et du Poumon Perdu… »
Quill s’installa devant une petite table qui, avec la commode et le lit, constituait le seul mobilier de sa chambre. Elle prit un crayon et commença à écrire quelques trucs sur une feuille qui passait par là… Elle pouvait utiliser ces éléments pour écrire une histoire horriblement sordide… Bien que cela ne soit pas trop sa tasse de thé.
Au même moment, Giggly Stomp changea de stratégie et cessa d’appeler sa tata. Il recommença à courir dans un fracas innommable, qui arracha un soupir à Untiring Quill. Bizarrement, le poulain se mit alors à ralentir, puis il sembla réfléchir. Enfin, il cria d’un coup :
« Tu dors ! »
Les oreilles de Quill se dressèrent sur sa tête. Qu’avait-il inventé, ce coup-ci ?
« Tu dors ! »
Elle entendit un bref bruit de sabots.
« Tu dors ! »
Le bruit se rapprocha.
« Tu dors ! »
Elle le vit alors passer sa tête alors qu’il la regardait, un sourire torve aux lèvres. Quill y lisait de l’amusement, beaucoup de provocation et une infinie crétinerie, mais peut-être était-ce juste son imagination.
« Tu dors ! » lança-t-il à une Untiring fort étonnée.
Puis il reprit son chemin jusqu’à la prochaine porte – celle de Dilly Dally.
« Tu dors ! » cria-t-il en la voyant, allongée sur son lit…
La jument violette comprit ce qu’il faisait : ce fils d’hongre avait trouvé un moyen encore plus efficace de se faire haïr ! Sale petit saligaud…
« Tu dors ! »


Untiring voyait d’ici la scène : la journaliste réfugiée dans la morgue de l’hôpital, le meilleur endroit pour se faire étriper au scalpel. Elle se cacherait sous un des brancards taché de sang où un corps de poney meurtri serait allongé, probablement un brûlé vif, pour que ça fasse encore plus impressionnant. Le souffle court, la jument aurait cependant eu l’incroyable bonne idée de fermer la porte, ce que le public approuverait bruyamment… Puis soudain, Giggly Stomp !
« Tata ! Tata ! Ouvre-moi la porte ! »
Eh oui mon p’tit, Indiana Bones a la solution, elle t’a fermé la porte au nez ! Tu vas faire quoi, hein, tu vas faire quoi ? Quill pouffa toute seule : la porte volerait en éclats, parce que désolée Indiana, on veut du sang, et les deux neurones de Giggly Stomp se sont enfin retrouvés, alors prépare-toi pour le dîner ! Giggly avancerait lentement, et en passant devant un cadavre, il crierait…
« Tu dors ! »
Et puis il passerait devant un autre…
« Tu dors ! »
Encore un…
« Tu dors ! »
Plus que deux avant de trouver Indiana Bones…
« Tu dors ! »
Cette dernière tremblerait de tous ses membres…
« Tu dors ! »
… Et une fois devant le cadavre sous lequel elle serait cachée, il dirait quoi ?


Panne sèche. Quill se tourna vers le couloir.
« Tu dors ! »
La voix était lointaine, elle allait devoir attendre un peu… Elle se demandait si les réalisateurs de films n’avaient jamais eu l’idée d’observer des poulains handicapés pour leurs personnages. La différence et la folie, deux des choses qui effrayaient le plus…
« Tu dors ! »
Quill se sentait fatiguée. Elle était fiévreuse et énervée. C’était drôle de se distraire ainsi, mais sa patience avait quand même sacrément été entamée. Elle voulait sortir et coller une baffe à Giggly Stomp pour qu’il se la ferme enfin. Elle voulait crier sur Dilly Dally. Elle voulait aussi mordre dans quelque chose… Mordre un truc, n’importe quoi…
Elle avait le sentiment que frapper quelque chose la soulagerait. Crier de tous ses poumons et mordre à pleines dents dans elle-ne-savait-quoi la déstresserait, et elle pourrait enfin sortir… Elle ne serait plus fatiguée…
Elle aurait bien aimé mordre Giggly Stomp mais c’était interdit par le règlement. Oh et puis zut… Pensivement, elle commença à griffonner à nouveau sur sa feuille.
« Tu dors ! »
Elle se prit à rêver. Rêver de quand elle sortirait et échapperait à ses compagnons d’infortune. Certains étaient plus sympathiques que d’autres, mais dans l’ensemble ils étaient sacrément énervants.
Elle était la plus âgée dans ce service… Elle sortirait bientôt… Elle devait sortir. En attendant, elle était fatiguée et se sentait désespérément seule.
« Tu dors ! »
Alors elle prit une décision.


Quand elle sortirait… Elle écrirait à nouveau d’autres histoires pour rêver. Elle irait droit vers ses piles de feuilles et elle sortirait ses crayons pour les noircir d’idées. Elle essaierait de mettre de l’ordre dans ses pensées. Elle créerait d’autres mondes pour changer de réalité quand il lui plairait.
Et elle donnerait vie à de nouveaux personnages. Ce serait sa façon de ne plus être seule.
Elle avait vécu dans un endroit où son imaginaire restait confiné et où elle avait frisé la folie. Elle devait le laisser s’épanouir et se déployer comme une grande fleur, puis le laisser semer des graines pour les récolter plus tard. Des graines qui soudain deviendraient de nouveaux amis pour l’accompagner où qu’elle soit. Parce que la puissance de tout son imaginaire résidait là. Un monde magique qu’elle seule pouvait voir.
Elle quitta sa chaise et alla s’installer sur son lit, puis s’étira. Au même instant, Giggly Stomp déboula et passa sa tête dans la chambre, avant de répéter à nouveau sa nouvelle phrase de prédilection. Puis il repartit.
Mais Quill avait un petit sourire en coin.
Demain, elle réfléchirait à une nouvelle histoire.
« Pour l’instant, je dors. »
Après avoir lu:
J'ai écrit cette "histoire" vers la fin de février 2015. J'ai eu un coup de pompe en ce moment alors j'ai décidé de la ressortir du placard. Voilà voilà.
Vous voulez lire des fanfics? Non? Vous êtes sûrs? Vous voulez pas me faire plaisir? Siouplé? Allez s'il vous plaît ça prend qu'une minute! Juste une petite fic! Toujours pas? Bon d'accord...

... Mais si vous voulez les lire voilà la liste et mes remerciements: MERCI MERCI MERCI MERCI MERCI
Pour riz gaulé
Pour riz gaulé encore plus
Désolée, ça c'est moins drôle
Pour vous remettre à rire
Et maintenant allez vous faire voir, vous et votre joie de vivre!

Message 17 mars 2016, 16:03

NeLio
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Untiring Quill » 15 Mar 2016, 10:14 a écrit :Untiring Quill était allongée sur le lit
Image

Je lirais tout à l'heure :Raritea:

Message 17 mars 2016, 18:35

Untiring Quill
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Désolée, ça n'est pas un porno :noel:
Vous voulez lire des fanfics? Non? Vous êtes sûrs? Vous voulez pas me faire plaisir? Siouplé? Allez s'il vous plaît ça prend qu'une minute! Juste une petite fic! Toujours pas? Bon d'accord...

... Mais si vous voulez les lire voilà la liste et mes remerciements: MERCI MERCI MERCI MERCI MERCI
Pour riz gaulé
Pour riz gaulé encore plus
Désolée, ça c'est moins drôle
Pour vous remettre à rire
Et maintenant allez vous faire voir, vous et votre joie de vivre!

Message 29 juin 2016, 22:56

Nazii
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Oh en effet c'était fun à lire, mais c'est dommage qu'elle ait pas défoncé le gamin qui disait tu dors tu dors :applesad: , ça aurait ajouté de l'action
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Message 30 juin 2016, 10:54

Untiring Quill
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Désolée, y avait pas le droit, sinon elle se prenait deux semaines en plus :c
Vous voulez lire des fanfics? Non? Vous êtes sûrs? Vous voulez pas me faire plaisir? Siouplé? Allez s'il vous plaît ça prend qu'une minute! Juste une petite fic! Toujours pas? Bon d'accord...

... Mais si vous voulez les lire voilà la liste et mes remerciements: MERCI MERCI MERCI MERCI MERCI
Pour riz gaulé
Pour riz gaulé encore plus
Désolée, ça c'est moins drôle
Pour vous remettre à rire
Et maintenant allez vous faire voir, vous et votre joie de vivre!

Message 30 juin 2016, 12:23

Nazii
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J'imagine, mais un/plusieurs bon(s) coup(s) de sabot dans les dents ça aurait été 20% plus cool....
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